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Nom du blog :
lephilosophe
Description du blog :
lephilosophe aide les étudiants de terminale à préparer leur épreuve de philo au bac.
Catégorie :
Blog Actualité
Date de création :
22.06.2007
Dernière mise à jour :
23.06.2007

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Le sujet

Le sujet

Publié le 22/06/2007 à 12:00 par Erasme

Connais toi toi-même a dit Platon. Dans un premier temps, l’accès à la sagesse semble en effet devoir passer par la connaissance de soi. Mon être me définit et c’est donc son étude qui m’aidera à le maîtriser et de ce fait atteindre une grandeur d’âme, une sagesse.
Il découle souvent de ce débat le rôle d’autrui dans la connaissance soi. En outre, puis je me connaître sans autrui ? Une certaine connaissance ou ressenti de moi est possible mais le jugement de moi est impossible sans autrui. Sans comparaison, il n’y a pas de matière à jugement. Le mal seul, sans l’idée de bien ne peut être qualifié de mal. Le sujet doit s’ouvrir à autrui pour découvrir qui il est. Pour Socrate dans Alcibiade de Platon (-428-348), autrui pour l’âme est dieu car il en constitue le miroir, reflétant sa vertu divine. Mais si le sujet prend appui sur autrui pour se connaître, peut il être lui-même ou se percevoir tel qu’il est ? Autrui est un point d’encrage qui s’appui sur un autre puis un autre menant au vrai moi qui serait la nature brute de l’humanité. Si l’homme est homme et non pas sujet, le sujet étant l’affaire « d’accidents », de qualités qui fondent notre âme en réponse à notre environnement, le sujet existe-t-il ? Ainsi « je » ne pense pas mais quelque chose pense. Nietzsche (1844-1900) dans Par delà bien et mal écrit que le « je » est une incertitude. Penser n’a de sujet que dans la grammaire. Le sujet en lui-même reste introuvable de manière certaine. Pour Rousseau au contraire, la diversité des hommes est le signe d’une multitude de « je », lui donnant une existence légitime. L’individu existe donc mais au sein du groupe. Un être seul est à la fois groupe et sujet et est ni l’un ni l’autre, le caractère unique de sa personne ne pouvant être mis en contraste avec un autre personne. Dans le groupe le sujet existe, mais si il existe par le groupe il n’existe pas par lui-même et donc ne peut se découvrir lui-même. Je suis une distorsion d’autrui.
Comment donc atteindre ce moi si pure ? La génétique nous apprend que le moi est inscrit dans nos gènes et donc existe dès la naissance. L’unicité de nos gènes, de nos empreintes digitales notamment montre que chaque homme est unique et possède un moi. Mais le moi se décline sous la culture dans laquelle il vit. On ne peut savoir ce qu’il est, mais on voit ce qu’il est.
L’homme devient. Entre le devenir et l’innée, y a-t-il deux personnes ou une seule issue de la fusion des deux états ? En outre, si il y a deux personnes, le devenir se détache de l’innée de la même manière qu’il se détache de lui-même ou qu’il évolue en dehors lui-même. Si le moi change incessamment, il n’est pas. Car à chaque instant je change de moi, je ne peux étudier le moi, ni l’isoler. Je meurs et renais d’une certaine manière à chaque instant. La mort est un changement du moi et une renaissance. Nous ne pouvons craindre la mort car nous mourrons à chaque instant. La mort n’est pas la fin de moi mais de la conscience de moi. Mais à la naissance, je n’ai conscience de moi. La conscience est donc inaliénable à la vie. Elle est hors du champ du moi mais me permet l’idée du moi grâce à l’action de la mémoire coordonnant les phases de l’évolution en un seul moi. Ma conscience ainsi peut être perçue hors de moi car elle est extérieure à moi. J’ai conscience de mon existence mais n’existe pas sans cette conscience. La conscience donne naissance au moi tout autant qu’elle le tue à la fois. Je ne peux pas être voyant le moi et être moi. Le regard critique du moi m’éloigne en fait de moi. Plus je cherche à me comprendre, plus je vois un étranger. « Etre ou ne pas être, telle est la question » Shakespeare.



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